Les projets articulés autour du big data, ou mégadonnées, en français, ont la cote auprès des entreprises depuis quelque temps. Nombreux sont les gourous du Web à encenser les pratiques fondées sur l’analyse de ces données au volume exponentiel pour orienter ou justifier la prise de décisions d’affaires.

Mais comment arrive-t-on à tirer pleinement profit de ces mégadonnées? Au-delà de la mise à jour des outils et des méthodes d’analyse traditionnels, c’est surtout à la culture de l’entreprise qu’il faut s’attarder. Car c’est avant tout cette culture qui fera en sorte que les différents intervenants de l’entreprise adopteront ou non une nouvelle façon de faire. Mais la route qui mène à la culture data driven ne sera pas sans embûche…

Le Big Data ou la connaissance à la puissance infinie

Lorsqu’une entreprise ouvre la porte au big data, elle ouvre la porte à un bassin infini de données desquelles elle peut tirer une connaissance tout aussi illimitée. À condition d’être prêts à y investir une certaine dose d’efforts et de moyens techniques humains et financiers.

D’abord, les outils classiques de gestion de bases de données ne suffisent pas à gérer les tonnes de données générées en temps réel et en continu par les médias sociaux, les photos, les vidéos numériques, les signaux des systèmes de localisation GPS et les téléphones intelligents, pour ne nommer que quelques sources. Il faut donc mettre en place une nouvelle architecture capable de recueillir et de traiter ces mégadonnées aux structures multiples.

Une fois ce système en place, il faut que se produise au sein de l’entreprise une révolution : permettre aux employés d’accéder à ce système. Première manifestation d’un virage vers une culture guidée par les données, la chose semble évidente, à première vue, mais s’avère dans les faits beaucoup plus complexe qu’il n’y paraît.

La démocratisation de l’accès aux données

De nombreuses entreprises ont récemment voulu saisir la vague de la « data culture » et ont mis en place des systèmes complexes qui leur permettent de collecter les fameuses mégadonnées. Et que font-elles avec ces données? Pour 75 % d’entre elles, rien, malheureusement, puisqu’à peu près personne n’y a accès. L’un des principaux aspects qui rebutent la direction de ces entreprises à donner accès aux données est la question de la sécurité.

Lorsqu’un nombre grandissant de personnes ont accès à des données de nature confidentielle, le risque de glissement croît invariablement. Mais plutôt que de restreindre l’accès, certaines entreprises avant-gardistes ont opté pour le principe de la segmentation en unités (« tokenization » en anglais) qui permet de substituer aux données sensibles d’autres valeurs similaires qui leur font référence sans les dévoiler.

Cette méthode permet à tout un éventail d’individus aux rôles divers d’accéder aux données en vue d’en tirer des connaissances et de tester des théories dont pourra profiter leur domaine d’expertise, de l’analyse à la stratégie, en passant par les ventes, les produits et le marketing.

La démonstration de faisabilité comme point de départ vers la « Data culture »

Face à la nouveauté, le réflexe de bon nombre d’entre nous est de douter, lorsque nous ne la rejetons pas carrément avant de lui tourner le dos. Qu’il s’agisse d’un réflexe de protection ou de paresse intellectuelle, cette réaction normale empêche pourtant l’émergence d’idées et de solutions créatives.

Alors, avant d’annoncer aux dirigeants d’une entreprise qu’il existe une meilleure façon de faire les choses que celle employée depuis longtemps (ou même toujours), il peut être sage de s’attaquer à une problématique de petite envergure. De cette façon, il est possible de démontrer concrètement la puissance du « big data » et de prouver sa valeur une fois répliquée à l’ensemble des activités de l’entreprise. Pour assurer un succès et une adoption de cette solution, livrer cette problématique selon une démarche Data Driven ne peut qu'aider à la création d'un « sucess story »

L’appui des parties prenantes : rallier l’organigramme de bas en haut

Pour véritablement renverser la vapeur au sein d’une entreprise et adopter une « data culture », il est impératif d’obtenir l’appui de tous les intervenants, peu importe leur rôle ou leur niveau hiérarchique.

Des dirigeants qui imposent une nouvelle culture sans faire comprendre sa valeur ou sa nécessité se buteront à des employés réfractaires. L’inverse est tout aussi vrai.

Un premier pas consiste à créer le poste de directeur de données (« chief data officer » ou CDO en anglais) pour donner le ton et indiquer à l’ensemble des employés qu’un changement de culture est en voie de s’opérer. Il indique clairement que l’entreprise compte désormais se fonder sur les données pour orienter la prise de décisions. Il sert également de pont ente les TI et la direction, en se faisant le porte-parole des données en vue de faire adopter de part et d’autre les comportements appropriés.

De même, le directeur des TI devrait emboîter le pas en embauchant des ressources axées sur les données. L’arrivée de ces nouvelles venues permet de renforcer le message au sein de l’entreprise en réaffirmant l’importance accordée aux données. La transparence est aussi de mise : pour gagner la confiance des dirigeants, il convient d’expliquer en détail comment les données sont utilisées, de façon formelle dans les réunions et présentations, mais aussi informelle, dans le cadre d’échanges au quotidien.

Finalement, l’adoption d’une « data culture » ne repose pas tant sur les technologies ou sur la quantité de données que sur les personnes au centre de cette culture. Il ne suffit pas d’implanter un nouveau système pour qu’il soit spontanément adopté par tous : il faut d’abord convaincre de son bien-fondé pour gagner la confiance de la masse avant de voir s’opérer un changement de mentalité à l’échelle de l’entreprise. C’est là seulement que se produira une réelle transformation.

Pour en apprendre davantage sur la culture des données en entreprise, lisez notre blogue « Votre organisation est-elle data-driven? »

Partager cet article
  


À propos de l'auteur

Jonathan Robidoux

Jonathan est un spécialiste en stratégie marketing et en marketing électronique orienté B2B. Son expérience mêlée à sa créativité et à sa passion pour les technologies lui permettent d’intervenir dans différentes étapes du processus de vente et de marketing.

CONTACT

agileDSS Inc.
407, rue McGill, bureau 500.
Montréal (QC) H2Y 2G3.

info@agiledss.com
(514) 788-1337