L’importance de piloter l’activité d’une entreprise avec des outils de reporting et des tableaux de bord n’est plus à démontrer… mais vous est-il déjà arrivé de construire un rapport ou un tableau de bord qui, une fois terminé, ne répondait pas parfaitement à la demande du client, et de devoir tout recommencer? Le remède à cette fâcheuse situation s’appelle le prototypage!

Utilisé pour le développement de nouveaux produits - web, manufacturiers, ou dans ce cas analytiques - le prototypage consiste à concevoir un modèle ou une mise en œuvre préliminaire qui permet d’évaluer la conception et le potentiel d’exploitation d’un système, et ce très tôt dans le développement du projet. La réalisation de rapports ou tableaux de bord n’échappe pas à cette bonne pratique : que vous souhaitiez construire un tableau de bord à partir de Tableau Software, Microsoft Power BI, ou encore SAP BusinessObjects, le prototypage est probablement votre meilleur allié.

La norme ISO 924-210 :2010

Nous vous présentons ici les grandes étapes du processus de prototypage qui suit les principes de la norme ISO 9241-210 :2010. Centrée sur l’utilisateur, cette norme représente un cadre de référence flexible et agile afin de mener à bien un projet de conception de tableau de bord.

Pour les besoins de cet article, nous prendrons l’exemple d’une compagnie de transport en commun dont le département Logistique souhaiterait obtenir un tableau de bord pour le suivi de l’utilisation des lignes de bus, dans l’objectif de maximiser l’offre de transport à la population. Le client serait ici le Directeur Logistique. Imaginons que vous êtes l’analyste mandaté pour produire ce tableau de bord.

Selon la norme ISO que nous avons citée plus haut, l’approche idéale se baserait sur une chaîne d’itérations successives comme nous pouvons le voir dans la Figure 1.

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Figure 1 : Cycles de conception centrée sur l’utilisateur
(Norme ISO 9241-210 :2010)

Le processus se déroule comme suit :

L’analyse préalable

Capter, maintenir et conserver les données requiert de nombreux efforts, mais elle ne crée aucune valeur si elle ne s’accompagne pas d’une vision cohérente de leur utilisation. En effet, il convient que la manière dont elle est exploitée soit en adéquation totale avec les besoins de l’entreprise et de ses gestionnaires. Dans un tout premier temps, il convient alors de bien distinguer les besoins récurrents et ponctuels en information : en consultant le client final et tout autre acteur pertinent, vous devez d’abord découvrir toutes les informations nécessaires à un pilotage optimal des activités. Ultimement, vous devriez obtenir une liste d’une dizaine d’indicateurs dans l’optique de la conception du futur tableau de bord. Toujours dans cette phase d’analyse, il est nécessaire de recueillir l’ensemble des exigences et contraintes techniques des utilisateurs, notamment dans l’objectif d’effectuer un choix technologique répondant à leurs besoins. Une fois le travail d’analyse terminé, le moment est venu de faire parler vos données et d’en exploiter leur plein potentiel visuel à travers un tableau de bord.

C’est un moment critique où l’on se perd facilement dans des projets sans fin, trop longs, trop chers, qui ne répondent pas toujours aux besoins du client.

Lorsqu’à la question : « Quelles sont les informations que le futur tableau de bord devrait contenir?”, la réponse de l’utilisateur est : « Je ne suis pas certain… » ou encore « Toutes! », vous saurez que c’est le bon moment pour initier un travail de prototypage. En effet, il est d’autant plus avantageux de prototyper lorsque les utilisateurs ont une idée vague de ce dont ils désirent ou bien ne le savent pas vraiment, car, pour reprendre l’expression familière : « I Know It When I See It!» : les utilisateurs seront plus à l’aise de structurer leur pensée et de catégoriser leurs besoins en informations devant une première ébauche concrète et imagée.

Le prototypage

Il s’agit dès lors de produire des prototypes de votre futur tableau de bord de façon itérative. Au cours d’un travail de prototypage, il est recommandé de commencer par des prototypes de basse fidélité et de migrer progressivement vers des prototypes de haute fidélité. Comme présenté à la figure 2, un prototype basse fidélité peut simplement consister en quelques esquisses sur un morceau de papier. C’est une option rapide, facilement modifiable et dont la réalisation n’est pas dispendieuse. Quant à un prototype haute fidélité (Figure 3), il requiert plus de travail, car il est très proche d’une solution finale et nécessitera peut-être l’intervention d’une équipe de développement.

prototype (2).pngFigure 2 : Un exemple de prototype basse fidélité          

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Figure 3 : Un exemple de prototype haute fidélité

Voici différents outils pour vous aider dans la réalisation de vos prototypes :

Basse fidélité :

Haute fidélité :

Une fois votre premier prototype conçu, vous pouvez passer à la prochaine étape : l’évaluation.

L’évaluation

L’évaluation est une étape déterminante du processus de conception itérative : c’est le moment où l’utilisateur potentiel est mis en relation avec le prototype conçu, et où nous cherchons à déterminer sa compréhension de l’information, son interaction avec l’interface et son aisance à y naviguer. Cette étape vise à identifier tout inconfort de l’utilisateur du tableau de bord quant au fond ou à la forme du livrable envisagé. L’évaluation devrait idéalement être une rencontre en personne, au cours de laquelle l’analyste présente son prototype au client, et écoute ses réactions, répond aux questions, observe son aisance et creuse les points d’insatisfaction.

Au terme de l’évaluation, vous devriez être en mesure de statuer sur l’utilisabilité du prototype et la qualité de l’expérience utilisateur, tout en mettant en lumière les principaux problèmes, manques et irritants vécus par l’utilisateur en vue de les rectifier/améliorer lors d’itérations ultérieures. L’évaluation est donc le moment clé où les concepteurs du tableau de bord déterminent si le tableau de bord nécessite d’être modifié, si l’analyse des besoins et des spécifications requièrent des ajustements ou bien si la solution est satisfaisante telle quelle.

Tant que le prototype n’est pas 100% satisfaisant aux yeux de l’utilisateur, il vaut mieux produire un nouveau prototype et repasser par le processus d’évaluation, avant d’entrer en production du livrable final.

 

Finalement, on constate que les avantages du prototypage sont nombreux : gain de temps, gain d’argent, moins de risques de se tromper… Mais il présente également un autre avantage de taille : en impliquant ainsi l’utilisateur tout au long du processus, vous lui permettez de se familiariser avec l’outil bien avant qu’il ne soit mis en production, et facilitez donc son adoption : la résistance au changement et les besoins en formation devraient être moindres, et votre outil aura donc beaucoup plus de chances d’être bien utilisé une fois votre mission accomplie.

Bon prototypage!

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